Tristan et Iseut: La version moderne
Meredith Clark
82-415: L'Amour
et la Mort
I
LA QUETE DE LA BELLE AUX CHEVEUX D’OR
Marc s’assit sur un banc au milieu de la Place de la Sorbonne. Il alluma une cigarette, inhala, et
regarde autour de lui. Elle était
là, assise à une table au café à l’autre côté de la Place, parlant avec une
copine.
« Eh, Marc ! Ca
va ? »
Marc tourna la tête et vit Tristan, son meilleur ami marchant du bâtiment
où il avait cours.
« Salut mon pote !
Ca se passe ? »
Marc embrassa Tristan sur les deux joues.
« Eh oui, bien. » Tristan s’assit sur le banc avec Marc et
s’allongea, restant sa tête sur une statue derrière lui. C’était vraiment quelque chose à voir,
les deux étudiants. Marc était
très grand, musclé, avec un regard majestueux. Les femmes l’aimaient parce qu’il était très doux, gentil,
et toujours en control avec un certain savoir-faire. Tristan, par contre, était aventureux. Il était plus petit que Marc, mais son
visage bronzé était le plus beau que tout les autres à l’université.
« Regarde-là, au café. » dit Marc. « Tu vois la fille avec les cheveux blondes, elle est
comment, tu penses ? »
« La blonde ? Elle
est jolie, je trouve» répondit Tristan avec soin. Lorsque Marc décidait d’aimer une fille, il devenait obsédé,
et même jaloux.
« Tu vois le mec grande là-bas sur le banc ? » dit Brangien
à Iseut. « Il ne cesse pas de
te regarder. » Elle prit un goût de café en souriant.
« Ah bon ? » dit Iseut. Elle tourna un peu pour voir mieux cachant sa tête derrière
un journal. « Oh, c’est l’ami de Tristan, le mec dans ma classe de
littérature. Je ne peux pas le
supporter ! C’est mon oncle,
le prof et Tristan s’assoie toujours au fond de la classe et se moque de
lui ! »
« Mais c’est pas Tristan qui a la peine de coeur en ce moment »
Brangien rigola.
« Je m’en fous. Je ne
m’intéresse pas à quelqu’un dans sa groupe » déclara Iseut. Elle secoua ses longs cheveux d’or et
se tut.
« Tu sais, elle s’appelle Iseut.
Elle est dans ma classe de littérature. Tu veux que je lui parle de ta part ? »
« On verra, peut-être.
Merci ma caille. »
« De rien. Faut que je
m’en aille . . . à plus ! » Tristan partit, laissant Marc continuer à
regarder son trésor.
II
LE PHILTRE
Souvent les étudiants sortirent dans grand groupe le week-end. Un vendredi ils choisirent d’aller à un
bar qui s’appelait The Oz. Ce bar se trouvait dans la
petite Rue de la Parcheminerie, dans le quartier Saint Michel. Tristan arriva avec Marc, les amis de
Marc, Guenelon, Gondoïne, Denoalen et Andret, et un ami de Tristan,
Gorvenal. Ils achetèrent chacun
une bière au bar qui se trouvait au sous-sol et s’assirent à une table dans un
des deux salles décorés comme un cave.
Les sept hommes parlèrent de tout et rien, rirent de n’importe quoi,
racontèrent des histoires.
Soudain, Marc arrêta de rigoler et se leva de la table. Tristan le suivit avec ses yeux, et vit
que Iseut et sa copine Brangien descendirent les escaliers du bar. Marc fit signe de main et Tristan le
joignit, presque en face des deux filles.
Tristan fut le premier à leur parler :
« Bonsoir, Iseut. C’est
toi, dans ma classe à la Sorbonne ?
Je m’appelle Tristan. »
Iseut le fixa un regard presque dégoûté.
« Oui, bonsoir. Je vous
présent ma copine, Brangien. »
« Salut. Je vous présent
Marc » Tristan dit vite en sentant un coup sur sa cheville.
Ils firent tous la bise. Marc
avait l’air tellement excité, mais quand même à l’aise et débonnaire. Il prit Iseut par la main et commença à
lui parler, en la guidant vers une autre salle où bien des gens dansèrent. Iseut tourna sa tête vers Brangien et
sourit avec un regard compatissant.
Brangien, toujours l’amie fidèle la laissa partir. Elle sembla nerveuse avec Tristan alors
il lui dit :
« Je t’offre une boisson ? »
« Oui, merci. C’est
sympa. »
Ils cherchèrent deux boissons et puis s’assirent à une table. Brangien parla des cours pendant que
Tristan regarda en douce Iseut.
Elle était mimi quand elle dansait ; Marc eut bien choisi.
Une demi-heure, même plus, passa avant qu’Iseut et Marc retournassent à la
table.
« Vous vous amusez bien ? » Brangien demanda. Iseut fit signe de la tête et sourit.
« Je m’excuse, je cherche les toilettes » Marc dit et il s’en
alla.
« C’est un bon mec, lui. » Tristan s’adressa à Iseut.
Elle, toujours pas sûre de Tristan, dit « Ah bon ? Qu’en sais tu ? »
Brangien, sentant la tension, s’excusa en disant « Je reviens, je
cherche à boire. »
Iseut fixa Tristan d’un regard méprisant. C’était une femme pleine de passion, plein de vigueur. Le type de femme qu’on ne doit pas
fâcher.
Brangien revint très vite avec un cocktail. L’alcool était vert clair, servi dans une verre tors.
« Ca s’appelle un philtre. Drôle, non ? C’est fait avec la vodka, je
crois. Tiens ! » Elle l’offrit Iseut qui prit la
moitié. Brangien se leva pour
saluer un copain, alors Iseut tendit le verre à Tristan.
« Attention, c’est bien forte ! »
Tristan sourit, leva le verre et dit « À l’amour ! »
« Et la mort. » Iseut compléta
la phrase et Tristan descendit le philtre ....
Marc revint de la salle de bain et invita la table danser. Il fut si tard dans la soirée que le
bar était complètement bondé des gens.
Tristan, sentant un peu ivre après le cocktail, guida Iseut sur le sol,
la fit tourner et virevolter.
Iseut sentit un peu pompette aussi, et s’amusa en dansant avec
Tristan. Brangien, sentant la
jalousie de Marc, le prit par la main et dansa avec lui dans une autre partie
du bar.
Pendant ce temps, Tristan et Iseut oublièrent le reste du bar. Ils dansèrent plus lent, plus
proche. Ils se trouvèrent dans un
coin ténébreux du bar et soudain ils s’embrassèrent sur la bouche.
III
LE GRAND PIN
La soirée au bar fut presque oubliée par Tristan et Iseut, considérée comme
une grande faute à cause de l’alcool.
Iseut, après le baiser, alla très vite chercher Brangien et les deux
filles partirent ensemble. Marc,
ayant reçu les coordonnées d’Iseut grâce à sa copine, lui téléphona plusieurs
fois et ils sortirent ensemble.
Tristan, ne dit rien à Marc de ce qui se passa entre lui et Iseut, mais
pensa de temps en temps à elle.
Un jour, quelques semaines
après la soirée à The Oz, Tristan sortit dans la Jardin de Luxembourg pour
prendre de l’air. Le même jour,
Iseut y alla pour étudier sous le soleil.
Sous un grand pin, près du
Palais de Luxembourg, à coté de la fontaine de Cupide et Psyché, les
deux se rencontrèrent.
« Salut Iseut. » dit Tristan en l’apercevant sur une chaise, ses
livres autour d’elle. Quand elle
leva sa tête le vent souffla ses cheveux d’or comme un image dans une
peinture. Elle fut belle.
« Tristan . . . euh, bonjour. » Iseut était évidemment choqué de le voir. Il s’assit dans une chaise face à la
sienne, sans un mot. Il la regarda
dans ses yeux, cherchant une émotion qu’elle ne montra pas.
« Tu vas bien ? » il lui demanda poliment.
« Oui, merci. » Elle
était mal à l’aise, ne voulait pas lui montrer qu’elle sentait quelque chose
dans son coeur.
« Tu sors avec Marc maintenant ? » Tristan osa à
demander.
Surprise, Iseut chercha les mots.
« Je, euh . . . bah, je ne sais pas. Je veux dire, euh, on sort parfois, oui. Oui, c’est ça. Pourquoi ? » Elle rougit.
Il resta silencieux, la regarda ; ses cheveux blonds, ses yeux, sa
peau.
Elle répéta doucement « Pourquoi ? »
Il se mit de bout et lui tendit la main, qu’elle prit. Il l’aida à se leva puis l’enveloppa
dans ses bras et répondit, aussi doucement « Je crois que je
t’aime. »
Le coeur d’Iseut sauta, elle tomba dans ses bras et ils s’embrassèrent
encore une fois sous le pin.
Ils sortirent du jardin, main dans la main, et allèrent à l’appartement de
Tristan à Montmartre où ils restèrent sous couvertures tout l’après-midi, le
soir, et le matin.
IV
LE SAUT DE LA CHAPELLE
Tristan et Iseut se trouvèrent dans une situation précaire ; ils
s’aimèrent d’un amour fort. Mais à
la fois, Tristan était toujours ami de Marc. Sans vouloir que Marc sût du rapport entre Tristan et Iseut,
les deux amants ne parlèrent pas à l’université. Par contre, chaque soir Iseut rentra avec Tristan chez lui
dans le quartier Montmartre.
Cependant, leur essai à cacher leur amour fut déjoué. Denaolaen, un ami de Marc, habitait non
seulement le même quartier que Tristan, mais aussi la même rue. Il vit souvent Tristan et Iseut sortant
du bâtiment le matin et il soupçonna un rapport entre eux.
Un soir, Marc et Tristan sortirent ensemble pour dîner au « Indiana
Club » sur Boulevard Magenta, dans un quartier qui se montrait louche le soir. Avant d’entrer dans le restaurant Marc
reçut un appel sur son portable.
« Allo ? Ah,
Denoalen, salut ! Je sors
avec Tristan, je te rappel plus tard ? »
Marc se tut et écouta longtemps.
« Bon, merci. A
plus » il répondit doucement.
Il termina l’appel et puis entra dans le restaurant avec Tristan.
Ils commandèrent des boissons et un repas. Tristan parla de ses classes, sa famille, pendant que Marc
resta muet.
« Ca va mon pote ? T’as l’air bizarre ce soir. » Tristan
observa. Marc fit un regard
austère.
« Non, je suis bien. »
Tristan comprit de son ton que Marc ne voulait pas parler de ce qui
l’irritait.
Après quelques bières chacun, ils partirent du restaurant. Les deux était un peu soûls alors ils
marchèrent dans le quartier avant de descendre dans le métro.
Marc commença enfin à parler.
«Tu sais, je suis sorti avec Iseut encore une fois, il y a deux jours. Mais elle était un peu froide. »
Tristan sentait nerveux. Il ne
savait pas quoi dire.
« Ah oui ? Peut-être
elle a eu une mauvaise journée à la fac ? »
« Non, je ne crois pas.
Je pense que c’est un autre mec. » Marc arrêta sa promenade et fixa Tristan. « Qu’est-ce que tu en
sais ? »
Tristan, sans savoir quoi répondre dit avec hésitation « Je ne sais
rien. Il faudra demander à elle. »
Marc approcha Tristan et dit d’une voix basse « Tu es sur ? Tu ne sais rien d’un autre
homme ? »
« Rien »
« Mon ami, tu as toujours été droit avec moi. Et maintenant tu me mens. » Marc avait l’air triste.
« Qu’est-ce que tu veux dire ? »
« C’était Denoalen qui m’a téléphoné. Il t’a vu plusieurs fois avec Iseut près de ton
appart. »
« Et tu crois ses conneries ? » Tristan demanda, défensif.
Marc se fâcha. « Oui je
les crois ! Tu sors avec ma
copine! Nous sommes amis depuis
des années et tu couches avec ma fille, salaud ! »
« Marc, attend ... «
Mais Marc ne le laissa pas
parler.
« T’es un vrai con, tu sais ?! » il cria.
« Incroyable !! »
Et il poussa Tristan avec une telle force que Tristan tomba dans les
escaliers de la station du métro La Chapelle. Il roula sur les escaliers et resta statique sur le sol à
l’entrée du métro. Marc eut peur
de l’avoir sévèrement blessé, et s’enfuit.
Tristan fut en fait en peine.
Pourtant, grâce à Dieu, ce n’était que son poignet qui fut blessé. Il se leva du sol, et secoua sa
tête. Il ne put pas comprendre et
accepter ce qui vint de se passer.
Il pensa un moment, et se rendit compte qu’il faudrait prévenir Iseut. Il courut au métro et commença à
pleurer en route pour chez Iseut.
V
LE GUÉ AVENTUREUX
Tristan sortit du métro dans le 14ème et arriva devant la porte
d’Iseut, les larmes dans ses yeux et un bleu sur sa joue. Iseut le vit et comprit tout de
suite.
« Il sait ? »
« Oui, chérie. »
« Il y avait une bagarre ? »
« Non, je ne me suis pas défendu. »
Iseut prit Tristan dans ses bras et lui donna un baiser sur le front. Ils ne bougèrent pas, ils ne parlèrent
pas.
Après un long moment, Tristan dit « Il faut qu’on ne se voie
plus. »
Iseut s’éloigna de lui.
« Tu es sérieux ? » dit-elle choquée.
« Oui, ma belle. Marc est
mon ami depuis longtemps. Il est
vraiment fâché contre moi. Et on
était ensemble sans qu’il sache.
Nous étions malhonnêtes. »
Iseut ne pouvait pas parler, penser, respirer.
« On ne peut pas continuer comme ça, tu sais bien. » Tristan dit.
Finalement, Iseut consentit.
« Je comprends. On ne
se verra plus, alors. »
Tristan l’embrassa une dernière fois et partit, laissant la pauvre Iseut
toute seule en pleurant.
Le lendemain Tristan appela Marc et dit « Il faut qu’on se parle. J’ai des choses à te confier. »
« D’accord. Viens chez
moi alors. » Tristan alors
trouva Marc chez lui dans le quartier de la Bastille. Dès qu’il entra, Tristan serra Marc dans ses bras. Marc ne s’étonna point, il aussi
embrassa Tristan.
Tristan lui expliqua comment les deux amants prirent la boisson et puis
s’embrassèrent. Il ne dit rien au
sujet de leur amour, malgré la peine dans son coeur en laissant cet amour
disparaître.
« Alors, Marc, je la quitte.
Nous n’allons plus sortir, se voir. »
« Mon ami, je te crois.
Et je te pardonne. »
Et ce fut la fin apparente de l’amour entre Tristan et sa Iseut.
VI
LA VOIX DU ROSSIGNOL
Ce fut vraiment la fin de leur rapport, car les deux avaient trop peur
d’être découverts. Alors, ils ne
se voyaient qu’en classe à la Sorbonne.
Par contre, Iseut sentit si coupable qu’elle sortit avec Marc comme sa
copine. Mais, elle pensait
toujours à Tristan et leurs moments ensemble.
Tristan, afin d’oublier sa belle Iseut, consentit de sortir avec la soeur
de son ami Kaherdin. Elle
s’appelait Isabelle, et elle était du moins jolie et sympathique. Il n’était quand même pas amoureux
d’elle.
Voilà les deux amants dans la même ville, vivant deux vies séparées, le
coeurs cependant toujours liés.
Un jour les deux se trouvaient par hasard encore une fois dans un jardin,
cette fois dans le Palais Royal au centre ville. Iseut était assisse sur un banc, entourée des jolies roses,
attendant Marc pendant qu’il alla dans Le Forum les Halles. Tristan, en route pour un rendez-vous,
la vit et s’arrêta. Il ne savait
pas s’il devait l’approcher et lui parler. Son coeur prit control. Il mit sa main sur son épaule. Sans tourner sa tête, elle reconnut sa touche.
« Marc revient, il faut que tu t’en ailles. » Elle dit avec
tristesse.
« Je comprends. Je
voulais simplement te dire que tu me manques. » Il lui donna un baiser sur sa joue et puis s’en alla aussi
vite qu’il vint.
Elle répondit en silence « Je t’aime. » Elle sourit, curieusement satisfaite et contente.
Marc revint quelques minutes après et aperçut qu’Iseut avait l’air
tellement heureuse. Suspicieux, il
lui demanda,
« Est-ce que tu as vu quelque chose de
spéciale ? »
Elle répondit « Non, j’écoutais le beau chant d’un
rossignol. »
VII
KAHERDIN
Ce fut compréhensible que Marc et Tristan ne parlent point. Tristan, au lieu, fit confiance en le
frère d’Isabelle, Kaherdin. Ils
devinrent de bons amis malgré le manque d’amour que Tristan eut pour Isabelle,
un fait que Kaherdin lui-même reconnut.
Il ne dit rien à Tristan, mais il s’inquiétait pour sa pauvre soeur.
Le mauvais jour vint où Tristan entendit par la bouche-à-oreille que Marc
terminerait bientôt ses études et puis déménager à Lille pour travailler, et
même pire, Iseut irait avec lui. Cette nouvelle rendit Tristan mal au coeur. Il savait bien qu’il n’avait pas le
droit d’empêcher Iseut d’y aller, mais il ne pouvait pas supporter l’idée
d’elle si loin de lui, avec Marc, qu’elle n’aimait pas.
Tristan appela Kaherdin et lui expliqua la situation ; comment il
aimait toujours Iseut, et il lui demanda pardon de tromper sa soeur. Puis il demanda à Kaherdin de donner à
Iseut une lettre qu’il écrit, la suppliant de rester à Paris, et déclarant
qu’il l’aime toujours. Kaherdin,
ami bon et fidèle, consentit et prit la lettre.
Malheureusement, avant que Kaherdin pût livrer la lettre Iseut, Isabelle
la trouva. Kaherdin mit son sac
avec la lettre sur une table chez lui, et Isabelle, cherchant une clé, fit
tomber la lettre. Elle était curieuse
et puis lit la lettre. En voyant
les mots « je t’aime, Iseut . . . ton amour, Tristan » elle pleura.
Toutefois, ce n’était pas une fille faible. Elle décida de confronter Tristan, alors elle prit la lettre
et alla chez lui. Il ouvrit sa
porte et elle lui tendit la lettre.
Elle régala du regard de peur et honte dans ses yeux.
« Je sais ton petit secret, connard. » elle hissa. « Si tu traites une femme comme
cela, tu ne mérites personne, même ta précieuse Iseut.»
Elle réfléchit un moment, et délivra sa cruelle vengeance. « Tu sais, ils vont se marier,
Marc et Iseut. »
Elle tourna sur son talon et laissa Tristan renversé sur le seuil.
VIII
TRISTAN FOU
Tristan fut surmonté de deuil et honte. Il ne voulait jamais qu’Isabelle se rendrait compte se son
rapport avec Iseut par une telle manière.
Mais surtout, son coeur battait de peur et d’angoisse. Le mariage ? Marc et Iseut ? Bientôt ? Alors Iseut n’aimait plus
Tristan ? Les pensées vinrent
dans sa tête si vite qu’il fut pris de vertige. Il ne savait quoi faire.
Une chose vint à l’esprit, le fait qu’Iseut ne reçut pas sa lettre.
« Il faut que je la voie » il se dit. Il prit les clés de sa voiture et sortit de chez lui.
Il conduit comme un fou, passant les voitures, ne faisant pas attention aux
feux. La seule chose qui lui était
importante, c’était de voir sa chère Iseut.
Il roula tellement vite qu’il ne vit pas le camion qui tournait devant lui
. . .
IX
LA MORT
À l’hôpital Saint-Antoine les médecins firent tout ce qu’ils pouvaient pour
sauver Tristan, qui était dans un coma.
Kaherdin reçut l’appel de l’hôpital et vint tout de suite. Il était à coté de son ami quand il
pensa à son devoir. Il téléphona à
Iseut et lui dit :
« Iseut, votre Tristan a essayé de te voir. Il faut maintenant que vous veniez le voir. »
Iseut n’attendit pas un moment, elle arriva dans la chambre de Tristan
moins d’une demi-heure après.
Kaherdin la respecta et la laissa avec Tristan.
Elle regarda son amant, sa figure, sa bouche, ses mains . . . se souvint
des moments d’amour qu’elle partagea avec lui.
Un médecin entra et lui demanda si elle était un membre de famille. Elle pensa un moment et répondit
« Oui. »
« Je suis désolé, Madame.
Ce monsieur ne va pas survivre.
Je vous laisserai seule avec lui pour dire au revoir. » Le médecin
partit de la salle.
Iseut, accablée de tristesse, choque et deuil, ne pouvait rien faire que
pleurer. Et soudain, ce fut
clair. Elle ne voulait plus vivre
sans son amour. Elle chercha dans
un meuble et trouva une boite d’aspirine.
Elle avala une, deux, trois.
Pour chaque souvenir qu’elle eut de Tristan elle prit encore une
pilule. Enfin, elle prit toute la
boite. Elle s’allongea sur le lit,
à coté de Tristan, lui donna un baiser sur la bouche, et ferma ses yeux.
Lorsque le médecin revint, les deux amants étaient morts. Tristan et Iseut furent enfin ensemble,
tranquilles pour l’éternité.
Fin